De la vanille et des hommes

Durant 150 ans, ce sont les colonies françaises qui ont porté le flambeau du développement des croisements, des parfums, des techniques de préparation et de séchage, ce qui les place encore aujourd'hui au premier rang de la qualité du produit fini.

Toutefois, la planète vanillière a connu une première grande secousse économique au tournant des années 90. Sous la pression de la Banque mondiale, à laquelle elle devait beaucoup d'argent, Madagascar a été contrainte de renoncer à son contrôles des prix, abandonnant ses paysans vanilliers à l'emprise sans merci des grands producteurs mondiaux d'arômes tel que Coca Cola, Nielsen-Massey ou Nestlé.

Éventuellement, des mesures de contrôles étaient instaurés pour faire contre-poids au capitalisme sauvage auquel étaient confrontés les paysans, et un système d'agrément et d'ouverture de marché limités à des dates précises a été mis en place.

Seulement 200 agréments sont délivrés chaque année à des collecteurs qui se sont vu bientôt, à leur tour, aux prises avec les loi d'un marché cruel. Quand certains faisaient fortune au début en achetant la vanille aux paysans à faible prix et en le revendant au prix fort, plusieurs collecteurs ont fait faillite lors que les cours se sont écroulé, abandonnés par leurs acheteurs et toujours détenteurs de vanille achetée au-dessus du prix de vente.

La vente de la production des planteurs aux collecteurs

Au cours des quatre dernières années, les prix ont remonté à un niveau élevé, flirtant avec la barre des 600 $ en 2018 et tombant rarement sous les 400 $ depuis. (Le tarif courant à l'automne 2019 était d'environ 420 $ le kilo.) Le pic est parfois attribué à une annonce de 2015 par Nestlé SA que la société n'utiliserait que la vanille entièrement naturelle dans ses produits au lieu de l'arôme artificiel. D'autres entreprises ont emboîté le pas. L'impact réel de la décision fait l'objet d'un débat.

Indépendamment de la validité de ces spéculations, peu de gens dans l'industrie disent que la demande pour la vanille naturelle a changé assez pour protéger les prix d'une autre baisse. Presque tout le monde du secteur de la vanille pense qu'une chute significative des prix n'est une question de si, mais plutôt de quand.

Et quand plus de 80% de l'industrie vanillière provient de l’île de Madagascar à elle seule, le reste du monde en prend son rhume.